Certaines fêtes religieuses au printemps ou en été s'accompagnent irrémédiablement de processions hautes en couleurs. Ainsi, le jour de la Fête-Dieu représente une tradition respectée avec ferveur et associée à la religion populaire.
Cette fête fut instituée à la suite d'une vision de Sœur Julienne de Liège: en rêve, un croissant de lune lumineuse avec une tache noire lui apparut. On interpréta la lune claire comme une image de l'année liturgique. La tache noire symbolisait l'absence d'une fête sacrée importante, la commémoration du Saint Sacrement donné à l'autel lors de la messe (donc la « présence » du Christ sous la forme du pain consacré). En l'an 1264, la Fête-Dieu fut instituée par le pape Urbain IV et elle est célébrée sous la forme d'une grande procession depuis le concile de Trente (1551).
Pendant des siècles, les processions étaient de véritables spectacles où l'on reconstituait dramatiquement des scènes de l'histoire sainte (par exemple le péché d'Adam et Ève) et le perpétuel combat entre le Bien et le Mal. Des confréries de la Fête-Dieu se créèrent; elles s'occupaient certes de cette célébration, mais assuraient surtout à leurs membres une entraide dans les temps difficiles.
Le caractère festif de la procession actuelle de la Fête-Dieu est entretenu par les associations traditionnelles locales comme les tirailleurs et les fanfares, différents
« ordres » (comme celui des femmes célibataires) et leurs « Ferggelen » (= figures de procession), les premiers communiants, sans oublier la population qui participe au cortège. Quant au prêtre, il porte le Saint Sacrement sous un baldaquin (= le ciel).
La procession de la Fête-Dieu prend une forme très particulière lors de la Brixentaler Antlaßritt: lors de cette chevauchée, le prêtre porte le Saint-Sacrement ... à cheval.